Skies of Arcadia island

La terre de l'ancien monde

Chapitre 10 : Confusion

Alfonso fixa Meryl un instant avant de lui répondre qu’il le savait déjà. Il avait essayer d’en parler au commandant de l’armada, mais ce dernier disait qu’ils avaient besoin de ses capacités d’ingénieur et de scientifique.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire… Excusez-moi, maintenant que j’y pense, vous aviez quelque chose d’important à me dire, n’est-ce pas ?, demanda Meryl.

— Oui. Je voulais vous demander de ne pas à dire à Reyson que je suis ici, dit-il.

— Pourquoi ? Si vous restez ici vous serez en danger !

— Il y a une erreur. Je crois que vous me prenez pour quelqu’un d’autre. Je ne suis pas celui que vous cherchez !

— Mais… !

— Écoutez-moi ! Je veux que ce qui se dit ici demeure un secret, d’accord ? », demanda Alfonso.

Elle acquiesça et écouta attentivement. Meryl devint blême lorsque le jeune homme lui avoua qu’il n’était pas d’Una. Alfonso lui demanda de l’aider à sortir de cette situation. Le visage du Valuan se trouvait à présent à quelques millimètres de celui de la jeune femme. Elle resta bouche bée un moment avant d’acquiescer. Le teint de Meryl prit une teinte rouge vif lorsqu’ Alfonso l’a remercia en effleurant sa joue de sa main gantée.

Il monta les escaliers puis sortit du bateau. Alors qu’il allait rejoindre les autres, il sentit quelqu’un l’agripper par le bras. Une main couvrit sa bouche avant qu’il n’ait eu le temps de crier. Alfonso fut entraîné derrière l’un des magasins de la ville. Il tourna la tête et vit qu’il s’agissait de Din. Maest et De Loco étaient avec elle.

Au moment où elle le relâcha, le jeune homme commença à lui crier dessus. L’adolescente fut obligée de le faire taire de nouveau. Din lui dit de parler à voix basse pour éviter de se faire repéré. Elle lui expliqua qu’ils s’étaient éloignés du reste du groupe pour le rejoindre.

De Loco remarqua que des gens approchaient. Ils regardèrent ce qui se passait tout en restant cachés. Maest fronça les sourcils en murmurant que c’était des soldats de Carcino. Ils se dirigeaient vers le bateau. Leur dirigeant, un homme vêtu d’une armure de bronze, prit la parole.

« Eres ! Sortez d’ici ! Nous savons que vous êtes cachés parmi les habitants de Delta ! », cria-t-il.

Voyant que personne ne sortait, le général envoya ses troupes à l’intérieur du navire. Après quelques minutes, les soldats ressortirent avec Reyson, Meryl et une autre personne dont la tête était recouverte de tissus blanc. Le sage se débattait avec fureur.

Soudain, il lança un puissant sort électrique et profita de la confusion générale pour s’enfuir. Le commandant des soldats de Carcino tentait de calmer ses troupes. Il emmena les deux personnes qui se trouvaient à bord du bateau. Le groupe observait la scène sans savoir quoi faire.

« C’est là que vous vous cachiez… », dit une voix qui venait de derrière eux.

Ils sursautèrent et virent que Reyson les avait trouvés.

« Meryl m’a raconté ce qui s’est passé. Je suis sûr qu’un séjour parmi nous vous fera du bien. Vous avez dû perdre temporairement la raison, dit-il.

-Vous lui avez dit que vous ne veniez pas d’Una !?, s’écria Din.

— Je ne pensais pas qu’elle allait en parler !, répondit Alfonso.

— Maintenant venez avec moi, il faut sauver les autres. Ils étaient supposés devenir vos gardes personnels, dit le sage.

— De quoi parlez-vous !?, s’énerva le jeune homme.

— Vous trois, vous allez venir avec nous ! Pour l’instant vous allez l’accompagner et le protéger. S’il meurt, je vous tuerai de mes mains ! », dit Reyson avec un regard menaçant.

Le groupe était totalement confus. Ils n’appréciaient pas de devoir suivre les ordres de l’Eres, mais ils n’avaient pas le choix de le suivre. Lorsqu’ils sortirent de leur cachette, ils virent qu’ils étaient encerclés par les soldats de Carcino. Reyson marmonna un juron en serrant les dents avec rage.

Puis, il se dit que s’ils se laissaient prendre, ils seraient emmenés au même endroit que les deux autres. Le groupe fut séparé lorsqu’ils arrivèrent à la prison de Falter, la capitale de Carcino.

Le soldat qui conduisait Din à sa cellule avait la tête basse.

« Pourquoi ?… Vous êtes si jeune. Pourquoi aidez-vous ces gens ? Vous et vos amis n’êtes pas des Eres. J’espère qu’ils seront cléments avec vous », dit-il en la faisant entrer.

Elle soupira puis eut un sursaut en se retournant. L’adolescente vit qu’elle n’était pas seule. L’inconnu, qui était à moitié caché dans l’ombre, couvrit sa tête de tissus blanc avant de s’avancer.

Il y avait une mince fente pour permettre à l’étranger de voir malgré le fait que sa tête était complètement recouverte. C’était un homme de taille moyenne. Din supposa qu’il devait être âgé. Il était vêtu d’une longue toge blanche et marron. L’homme prit la parole.

« Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous effrayer, dit-il.

— Ce n’est rien, j’ai seulement été surprise, répondit Din.

— Puis-je savoir qui vous êtes ?

— Je m’appelle Din Redfire. Comment vous appelez-vous ? Vos habits… C’est une toge religieuse alors vous devez être un évêque, n’est-ce pas ? Au fait, vous n’avez pas besoin de cacher votre visage.

— Vous avez vu juste. Je suis Ridell, évêque de Deltaël. Veuillez me pardonner je… Je préfère ne pas montrer mon visage », dit-il.

Din sentait qu’il y avait une pointe de malaise dans sa voix. Elle lui dit qu’il n’y avait pas de quoi être mal à l’aise et qu’il pouvait enlever le tissu qui recouvrait sa tête. L’homme hésita un instant puis montra son visage. Il avait un teint terne presque jaunâtre. Son visage osseux était couvert de rides et ses cheveux étaient brun rougeâtre.

Il avait l’air sinistre et n’inspirait pas confiance, mais en regardant de plus près, on voyait que ses yeux étaient chaleureux et bienveillants. L’adolescente lui tendit la main amicalement. La main rugueuse de Ridell serra celle de Din.

Elle se demandait pourquoi les soldats de l’empire avait capturé un évêque. Les questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi les gens détestaient les Eres à ce point ? On ne savait que très peu de choses sur eux. Din voulait savoir qui était bon et qui était mauvais, mais ce n’était pas aussi simple.

Pendant ce temps, Alfonso se trouvait dans une cellule avec Maest, De Loco avec Meryl et Reyson était dans une salle à part. Il marmonnait des paroles dans une langue ancienne. Il restait là, les yeux fermés, devant la fenêtre et continuait de réciter ses paroles.

Les gardes qui le surveillait se disaient qu’il devait être fou. Reyson marmonnait depuis près d’une heure. L’un des gardes cogna sur les barreaux de la cellule en lui disant de la fermer. L’homme aux cheveux blonds se tourna vers lui en lui lançant un regard méprisant.

Le sage regarda de nouveau par la fenêtre. Il était là depuis plusieurs heures. Le ciel était sombre et le temps se couvrait. Reyson regardait à l’extérieur, perdu dans ses pensées. L’espérance de vie d’un Eres était faible. S’ils se faisaient arrêter, ils étaient sûrs d’être exécutés dans les journées à venir. C’est pourquoi il fallait faire vite. Reyson avait déjà un plan en tête. Meryl et Ridell allaient s’occuper de la suite.

Au même moment, Ridell leva la tête, ferma les yeux et murmura des paroles que Din n’arrivait pas à comprendre. Elle fut tentée de lui demander ce que cela signifiait, mais elle resta silencieuse. Le vieillard semblait avoir besoin de se concentrer. Lorsqu’il eut terminé, il se remit à parler dans sa langue habituelle.

« Nous allons pouvoir sortir d’ici très bientôt, assura-t-il.

— Comment ? Qu’est-ce que…, commença Din.

— Je sais que vous êtes très confuse en ce moment, mais soyez patiente. Je ne peux pas expliquer la situation pour l’instant, mais pour qu’on puisse s’échapper, j’aurai besoin de votre coopération », dit Ridell.

Dans sa cellule, Meryl marmonnait de la même façon que Reyson et l’évêque. De Loco la fixait du coin de l’œil, visiblement agacé. La jeune femme avait été insupportable. Elle n’avait pas arrêté de lui poser des questions. Elle s’était même imaginer qu’il détenait Alfonso comme otage. Meryl avait ajouté qu’Alfonso avait eu de la chance pour être retrouvé en vie.

Au moment où De Loco pensait que Meryl avait enfin fini de parler, elle s’était mise à marmonner des paroles incompréhensibles. Après ce qui semblait être une éternité, la jeune femme se tût et ouvrit les yeux.

« Pas trop tôt », dit l’amiral à voix basse en laissant échapper un soupir.

Meryl lui lança un regard noir avant de prendre la parole.

« Nous venons de recevoir les ordres de Lord Reyson. Nous allons nous échapper ce soir. Une fois que ce sera fait, nous ramènerons le Feïress chez nous, dit elle.

— Combien de fois faudra-t-il que je vous le dise !? Alfonso n’est pas votre Feïress !, répliqua De Loco.

— Alors c’est de votre faute ! C’est vous qui avez fait perdre la raison à Alfonso ! Tout à l’heure, il s’imaginait qu’il venait d’un autre monde !

— C’est parce que nous venons d’un autre monde justement ! Nous venons d’Arcadia. Nos vaisseaux se sont écrasés à Una il y a quelques semaines.

— Vous êtes fou à lier ! », lui cria Meryl.

Elle l’aurait insulté davantage, mais elle se rappela que ce n’était pas le moment. Reyson avait utilisé le langage sacré des Eres pour leur communiquer ses ordres et pour faire venir de l’aide. Lorsque cette langue est utilisée, tous les Eres peuvent l’entendre, peu importe la distant qui les séparent.

Meryl s’approcha de la fenêtre puis poussa une exclamation. Elle recula immédiatement. De Loco comprit pourquoi et fit de même. Le mur de pierre qui se trouvait devant eux s’effondra après avoir été percuté par une énorme machine.

Un homme aux cheveux blonds doré en sortit. Il se tourna vers De Loco et le dévisagea avec méfiance.

« Qui est-ce ?…, demanda-t-il.

— Ne vous occupez pas de lui. Le Feïress est prisonnier quelque part ici. Vous allez distraire les gardes pendant que nous allons le chercher », dit Meryl.

L’homme hocha la tête puis retourna vers sa machine. Il s’agissait en fait d’un train. Il était similaire à celui qu’il y avait à Valua. La seule différence c’était que le train ne se déplaçait pas sur des rails. Le train se remit à bouger, ce qui permit à Meryl et De Loco de sortir.

L’ingénieur s’arrêta un instant en se demandant comment le train fonctionnait. Il y en avait deux autres qui arrivaient pour envahir la capitale. Ces trains étaient tous équipés de canons. De Loco resta bouche bée devant ces machines et leur pouvoir de destruction.

« Ce n’est pas le moment de rêvasser ! Il faut profiter de cette diversion pour aller chercher les autres ! », dit Meryl.

Écrit par Din - Lire la suite ==>

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