Skies of Arcadia island

La terre de l'ancien monde

Chapitre 14 : Viva la Valua

Le jeune homme ne pouvait contenir sa joie. Il s’était mis à dire quelque chose en Maderan. Maest et Din le dévisageait.

« Ouais, je suis d’accord avec vous, Alfonso. Moi aussi je suis Gracias luna, répondit Din sans avoir compris.

— Euh, il vient de remercier les lunes de l’avoir ramené à Valua, expliqua De Loco.

— Oh oups… », fit l’adolescente.

Din regarda autour d’elle. Alors c’était ça Arcadia… Dans les contes, on décrivait ce lieu comme un véritable paradis peuplé par des anges alors qu’en réalité les lieux étaient sombres et sinistres. Le ciel obscur rendait l’endroit déprimant. L’épéiste avait un peu de mal à comprendre la réaction d’Alfonso. Ce dernier avait l’air de vivre le plus beau jour de sa vie.

Voyant la confusion de l’adolescente, le Valuan lui dit qu’ils se trouvaient à la Bouche de Tartas, des ruines d’une ancienne civilisation. Leur ville se trouvait un peu plus loin. L’amiral leur dit que des soldats patrouillaient les lieux fréquemment et qu’ils allaient sûrement les ramener à Valua. Le groupe resta silencieux pendant un moment.

« … Bien, je crois que c’est là que nos chemins se séparent, dit Alfonso.

— Oui, nous avions tous hâte de rentrer chez nous après tout ce qui s’est passé. … Contents de vous avoir connus. Adieu », dit Maest.

Les deux adolescents retournèrent sur la plaque. Ils attendaient, mais rien ne se passait. Alfonso et De Loco s’échangèrent un regard. Ils venaient de comprendre.

« Pardon messieurs, mais je crois que c’était juste un aller-simple », dit Din nerveusement.

Le blond mit sa main sur son front en soupirant. Ils allaient rester ensemble encore un moment. Soudain, quelque chose vola au-dessus de leur tête. C’était un vaisseau de l’armada qui se préparait à atterrir. Peu après, des soldats vinrent à leur rencontre.

Les deux amiraux leur parlèrent en Maderan pendant quelques minutes. Un homme leur fit signe de monter à bord du vaisseau. Alfonso s’approcha de Din et Maest et leur dit d’éviter de parler aux soldats valuans parce que la majorité ne comprenaient pas leur langue.

Le voyage ne dura pas longtemps. Bientôt, ils purent voir un immense mur vert foncé. Il y avait un emblème doré représentant un dragon, probablement le symbole de Valua. Le mur pivota pour permettre au vaisseau d’entrer.

« Impressionnant n’est-ce pas ? C’est la grande forteresse, la structure la plus solide que l’homme ai jamais construit », dit De Loco.

Le mage et l’épéiste écarquillèrent les yeux lorsqu’ils virent l’autre côté du rempart de la forteresse. Il était entièrement couvert de canons de toutes les tailles. De Loco ricanait avec un étrange sourire. Din lui fit un subtil regard en coin. Sa façon de rire la mettait mal à l’aise. Elle se retint de commenter là-dessus pour éviter de s’attirer des problèmes.

« Comme vous le voyez, cette forteresse à été construite à la fois pour défendre et pour attaquer. Elle est vraiment invincible !!! », continua-t-il en ricanant de nouveau.

Din hocha la tête nerveusement. L’amiral la regarda un court instant. L’épéiste tenta d’avoir l’expression la plus neutre possible, comme si elle avait peur qu’il devine ses pensées.

Maest lui fit signe de venir. Elle alla le voir, contente qu’il l’ait appelée. On pouvait voir par les fenêtres du vaisseau les lumières de Valua. C’était une belle ville, mais le mage ne comprenait pas comment le ciel pouvait être aussi noir.

Une autre chose avait attiré son attention. Le côté gauche de la ville était bien éclairé et devant eux il y avait un superbe palais, mais le côté droit était presque entièrement plongé dans l’obscurité. Il y avait seulement quelques lumières qui éclairaient très faiblement.

Alfonso repoussa une mèche de ses cheveux blonds en disant avec fierté :

« Vous voici à Valua, l’empire gouverné par Sa Majesté l’impératrice Téodora. Les nobles et les gens riches vivent dans le Haut Valua.

— Et… l’autre côté de la ville c’est… ?, commença Maest.

— Ça ne vaux même pas la peine d’en parler. Nous envoyons tous les autres de l’autre côté, le Bas Valua », répondit l’amiral avec un regard hautain.

Maest ne dit rien de plus. Forcer des gens à vivre dans la pauvreté le dégoûtait.

Arrivés au port du Haut Valua, Alfonso réalisa qu’il portait toujours des habits de paysan. Il devint rouge de gonte et ordonna à l’un des gardes de les escorter jusqu’à son manoir. De Loco se sépara du groupe pour aller chez lui. L’autre Valuan fut soulagé voir que les rues étaient désertes.

« C’est vrai, il est encore très tôt, dit-il.

— Est-ce que le ciel est toujours comme ça ?, demanda Din.

— Le ciel est noir à cause des orages constants causés par le pouvoir de la lune jaune », répondit Alfonso.

Maest n’aimait pas du tout cet endroit. Il espérait ne pas rester trop longtemps. Son village commençait à lui manquer.

Ils arrivèrent chez Alfonso. Ce dernier fut choqué de voir qu’il n’y avait plus un servant. Évidemment, il fallait s’y attendre puisqu’il était disparu depuis un mois. Au moins ses affaires n’avaient pas encore été emportées.

Il alla se changer et revint quelques minutes plus tard, vêtu de son uniforme d’amiral. Il dit aux deux adolescents de rester à l’intérieur du manoir.

Au matin, Alfonso partit leur acheter des habits convenables. Sur son chemin, des nobles d’arrêtaient pour le voir. Aucun ne s’inquiétait vraiment pour lui, ils cherchaient sans doutes de nouveaux ragots à raconter. Il revint un peu plus tard avec des vêtements neufs et les remit à Din et Maest.

Ce dernier avait reçu un pantalon brun et une chemise blanche. Il avait l’impression d’être habillé pour aller à un bal. Maest n’était pas le seul à penser ça. Son amie était vêtue d’une robe rouge sans manches. Din semblait inconfortable à cause du corset qu’elle portait.

« Ce truc va me tuer… , marmonna-t-elle à Maest.

— Bon déjà c’est un peu mieux », dit Alfonso d’un ton peu convaincant.

Din lui lança un regard noir. Soudain, quelqu’un cogna à la porte. Il s’agissait de De Loco. Il avait aussi remit son uniforme d’amiral. Il jeta un regard aux deux adolescents et eut un sourire en coin comme s’il se retenait de rire. Il se tourna vers Alfonso en redevenant sérieux. L’amiral était venu pour leur dire que l’impératrice avait été prévenue de leur retour. Ils devaient tous se rendre au palais impérial pour la rencontrer.

Le groupe se rendit donc au train de la ville. Din essaya de se changer les idées en regardant par la fenêtre. C’est qu’elle vit que le continent flottait et qu’en dessous il n’y avait que des nuages noirs. L’épéiste détourna le regard et décida de se concentrer sur le plancher métallique.

Maest sentait son cœur battre la chamade. Il n’avait jamais été aussi stressé de toute sa vie. L’idée de rencontrer l’impératrice le rendait extrêmement nerveux. À part les deux amiraux, la seule personne haut-placé qu’il avait rencontré était le maire de son village.

Le train s’arrêta et le groupe fut guidé à l’intérieur du palais. Maest et Din regardaient autour d’eux. Les murs ivoire étaient couverts de drapeaux de couleur noir, or et rouge. C’était les armoiries de Valua. Il y avait la même image de dragon. En petit caractère, on pouvait lire « Viva la Valua » en lettres brodées or.

Ils arrivèrent dans la salle du trône. Un peu plus loin devant eux se trouvait une femme âgée. Elle avait des cheveux lilas grisâtre et des yeux bleus. En voyant tous ses bijoux, sa robe et son sceptre doré, il était évident qu’il s’agissait de l’impératrice.

Alfonso et De Loco s’inclinèrent. Les deux adolescents firent de même. L’homme aux cheveux blonds avait prit la parole après s’être redressé. Il commença à parler en Maderan. Din ne l’écoutait pas vraiment. Elle regardait les gens devant eux à leur droite.

C’était probablement les autres amiraux. Il y avait un homme au visage sinistre. L’amiral qui se trouvait à ses côtés avait l’air tout aussi menaçant. Celui que Din vit ensuite était un véritable colosse qui semblait mesurer deux mètres. Il y avait qu’une seule femme parmi eux.

Din avait envie de donner un coup de pied bien placé au premier amiral. Elle se sentait ridicule d’être la seule fille vêtue en robe. Elle réprima un soupir et regarda de nouveau les autres amiraux. Le dernier était un vieil homme qui portait une armure orangé. Contrairement aux autres, il semblait être quelqu’un d’honorable.

Din entendit Alfonso parler leur langue et décida de porter attention à la discussion. L’impératrice prit la parole.

« … Je vois. Vous n’avez donc aucun souvenir de l’accident ?, demanda-t-elle pour vérifier la version d’Alfonso.

— C’est exact. À notre réveil, nous nous trouvions chez ces gens, répondit-il en désignant les deux adolescents.

— Le reste de notre mémoire n’a pas été affecté », ajouta De Loco.

L’impératrice resta silencieuse un instant. Elle semblait avoir cru à son histoire. Elle se tourna vers Galcian, le commandant de l’armada, et lui demanda ce qu’il voulait faire d’eux. Alfonso et De Loco avaient déjà été remplacés. Le blond écarquilla les yeux, choqué d’apprendre que Ramirez était devenu premier amiral. L’ingénieur demanda à Galcian qui était celui qui l’avait remplacé. Ce dernier ne répondit pas.

De Loco se figea lorsque des bruits de pas se firent entendre. Un troisième bruit accompagnait celui des pas. L’amiral reconnut le son d’une canne. Les traits de son visage se crispèrent. Il savait déjà de qui il s’agissait.

Les deux adolescents et Alfonso s’étaient retournés pour faire face au nouvel arrivant. C’était un homme de taille moyenne qui devait avoir presque cinquante ans. Il avait des cheveux noir de jais mi-longs noués à la base de la nuque. Il était vêtu d’un ensemble vert bouteille.

Il portait des gants noirs et des souliers de la même couleur. L’homme tenait fermement une courte canne noire. Sur le dessus, il y avait une tête de Caméléon en argent avec deux émeraudes à la place des yeux.

L’inconnu ajusta son monocle avant de s’incliner. Il s’excusa de son retard. Maest sentit un frisson lui parcourir l’échine, il n’aimait pas du tout cet homme. Din ressentit le même malaise qu’elle avait éprouvé avec De Loco, mais en pire. Les yeux gris de cette personne étaient froids et son regard était assez effrayant. L’épéiste n’arrivait même pas à le regarder dans les yeux.

Il était loin d’être sincère lorsqu’il s’était excusé. Il était hypocrite et ça se voyait tout de suite, mais l’impératrice n’avait pas l’air de s’en préoccuper. Sans prévenir, De Loco quitta la salle en bousculant Alfonso au passage. L’homme aux cheveux noirs le regarda s’éloigner avec un sourire en coin.

Écrit par Din - Lire la suite ==>

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