Skies of Arcadia island

La terre de l'ancien monde

Chapitre 22 : Le venin des profondeurs

La secousse fut si soudaine que Din faillit tomber par dessus bord. Vladimir l’avait retenue de justesse. En dessous, les nuages noirs des profondeurs célestes tourbillonnaient de façon inquiétante. La brume qui les entouraient semblait venir du vortex qui se trouvait sous l’océan central.

Au même moment, les pégases étaient agités. Leurs cavaliers tentaient de les maîtriser, mais en vain. Les Eres reculaient pour éviter les coups de sabots. Alfonso observait la scène, à la fois confus et effrayé par le comportement étrange des chevaux ailés.

Ils étaient habituellement des animaux au tempérament doux, mais ils étaient devenus fous furieux. Ils continuèrent à bouger dans tous les sens en martelant le sol avec leurs sabots et en battant des ailes.

Après quelques minutes, les pégases s’écroulèrent un à un. Reyson se pencha au dessus de l’un d’eux et posa sa main sur l’oreille de l’animal. Lorsqu’il retira sa main, il vit une tache argenté sur l’un de ses doigts. Le liquide coulait de l’oreille de la monture ailée. Les yeux noirs du pégase étaient vides et devenaient opaque.

« Ils sont morts… », marmonna l’Eres.

Meryl mit sa main sur sa bouche, le regard horrifié.

« Ce brouillard, c’est… ?, commença-t-elle.

— Oui, aucun doute là-dessus », dit Reyson en fronçant les sourcils.

Il se dirigea vers Alfonso et le prit par le bras pour qu’il se lève. Le Valuan avait un mauvais pressentiment. Il pouvait facilement voir de la haine dans les yeux de l’Eres. Ce dernier prit la parole.

« Cette catastrophe aurait pût être évitée si ces êtres nuisibles auraient été éliminés !

— Si on se fit à votre avis, c’est de leur faute si tous les malheurs du monde arrive !? Vous êtes complètement fou !!!, s’exclama le noble.

— Ce n’est pas une brume ordinaire ! C’est du Destelphot, un gaz toxique provenant du monde des démons. Cet homme qui était avec vous, il attire ce poison.

— C’est n’importe quoi… », souffla Alfonso avec incrédulité.

Il regarda autour de lui et remarqua que certains Eres avaient du mal à respirer. Reyson alla les voir et se mit à marmonner des incantations pour les soigner avec sa magie. Cette méthode s’avérait peu efficace.

* * *

Domingo sortit un foulard pour couvrir son nez et sa bouche. Sa gorge lui faisait mal. De toute évidence, ce n’était pas un brouillard normal. De Loco venait de perdre connaissance. Din l’avait emmené dans la cabine du bateau, mais elle dût ressortir aussitôt parce que des monstres approchaient. Elle vit que le jeune homme aux cheveux noirs en avait éliminés déjà plusieurs à distance. Il utilisait son arbalète avec une précision comparable à celle des archers d’élite.

Maest et Vladimir utilisèrent leur magie pour attaquer les créatures qui arrivaient de l’autre côté. Les monstres qui parvenaient à éviter les flèches et les sorts furent tués presque aussitôt par Din. Le combat n’était pas facile pour autant. À mesure qu’ils se débarrassaient de ces monstres, ils devaient en affronter d’autres.

Domingo tira sur une sorte de scorpion volant, mais il n’arriva pas à le tuer du premier coup. Au moment où il sortait une nouvelle flèche, le scorpion fonçait sur lui. Vladimir envoya une boule de feu sur le monstre, qui fut réduit en cendre. L’homme aux cheveux orangés avait baissé sa garde et n’avait pas vu la créature qui se préparait à l’attaquer.

Le monstre, qui ressemblait à une énorme chauve-souris, planta ses griffes acérées dans l’épaule du voleur bleu. Ce dernier lâcha ses torches et tenta de retirer la créature. Il serra les dents de douleur lorsqu’il réussit à dégager la chauve-souris de son épaule. Vladimir plaqua le monstre contre le sol et se dépêcha de ramasser son arme pour le tuer.

Maest, Din et Domingo continuaient de se battre contre la légion de démons. L’épéiste trancha une créature informe à la peau rougeâtre avant de faire de même avec une guêpe géante. À force de répéter le même mouvement avec son épée, son bras devenait endoloris.
La situation était désespérée. L’adolescent avait épuisé son énergie magique et devait tuer les monstres à mains nues. Domingo n’avait presque plus de flèches dans son carquois et Vladimir tentait de se battre du mieux qu’il pouvait malgré ses blessures.

Pendant ce temps, De Loco ouvrait les yeux péniblement. Il lâcha une exclamation étouffée lorsqu’il vit qu’il n’était pas seul. Sa vision était trop embrouillée pour lui permettre de voir de qui il s’agissait. Sa tête devint encore plus douloureuse au moment où l’intrus posa sa main sur son épaule.

« Qui… êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivé… ici… ? », demanda-t-il avec difficulté.

De Loco se mit à tousser. Du sang commençait à couler de sa bouche. La personne ne réagissait pas. Elle restait immobile en gardant toujours sa main sur l’épaule de l’amiral. Ce dernier arrivait à peine à rester conscient. Il sentit ses yeux se fermer.

Sa tête lui faisait moins mal tout d’un coup, mais il était étourdit. L’instant d’après, il ne sentait même plus son corps. Il ouvrit les yeux et constata qu’il était revenu dans la pièce où il était venu dans son rêve. De Loco marmonna un juron lorsqu’il vit le séraphin. Ce dernier soupira et lui dit :

« Je suis ravi de vous revoir également. Comment vous sentez-vous ? Votre mal de tête est-il passé ? »

Le Valuan resta bouche bée un court moment. Il réalisa que la douleur s’était dissipé complètement. L’ange lui sourit et se remit à parler.

« Savez-vous que vous avez faillit mourir ?, demanda-t-il.

— Pardon ?

— La personne qui se trouvait dans la cabine n’était qu’un autre de ces démons. Vous ne risquez rien puisque votre esprit s’est séparé de votre corps. Contrairement à ce que vous pensez, il y a certains démons qui ne se nourrissent de chair ni de sang. Ce genre de démons veulent l’âme de leurs victimes.

— Attendez ! Vous voulez dire que je suis mort !?

— Rassurez-vous, ce n’est pas le cas sinon vous seriez comme eux », répondit le Séraphin en désignant les papillons.

L’amiral se sentait complètement perdu. Il avait du mal à distinguer le réel de l’imaginaire. Il croyait rêver. L’ange lui dit qu’il était désolé de l’avoir emmené dans cet endroit contre sa volonté, mais que c’était le seul moyen de le sauver. Il ajouta qu’ils allaient se revoir un jour.

Puis, le séraphin et la pièce disparurent. De Loco se réveilla. Il y avait un silence inquiétant. Lorsqu’il sortit de la cabine, son teint devint livide quand il vit que le groupe était étendu sur le sol. En les regardant de plus près, il constata qu’ils étaient seulement inconscients. Din fut la première à se lever. Comme tout le reste du groupe, elle s’était battu jusqu’à l’épuisement.

« On dirait que le brouillard a disparu… Est-ce que vous allez mieux ?, demanda-t-elle.

— …Oui, ça va, répondit De Loco.

— Hey, est-ce que c’est du sang !?

— Ah ça ? Ce n’est rien ! », dit le Valuan en reculant.

Din hocha la tête et s’éloigna pour voir si les autres allaient bien. Domingo, Vladimir et Maest se levèrent à leur tour. Leurs blessures n’étaient pas trop sérieuses, mais ils avaient l’air complètement épuisés. Maest se demandait si c’était à cause du gaz.

Étrangement, Din était en pleine forme comparé à eux. De Loco revint après avoir essuyé le sang séché qu’il y avait au coin de sa bouche.

Personne ne parlait. L’explorateur, l’adolescent et les deux Valuans essayaient encore de reprendre leur souffle. Din était sur le point de leur proposer de retourner à l’Île des marins lorsqu’un bruit sourd attira l’attention du groupe. Domingo pointa quelque chose dans le ciel. C’était un rayon de lumière.

« Ça venait de l’île du Temple. On devrait aller voir », dit le jeune homme aux cheveux noirs.

Maest était étonné de voir que, malgré sa fatigue et ses blessures, Domingo avait retrouvé presque toute son énergie en un instant. L’explorateur mit les voiles et dirigea son bateau vers l’île du Temple.

Les Eres les attendaient. Ils avaient utilisé leur magie pour attirer leur attention. Domingo laissa échapper une exclamation et arrêta son navire lorsqu’il fut assez près de l’île pour sauter. Il courut jusqu’aux pégases et s’accroupit à côté de l’un d’eux.

« Ils… Ils sont… , bégaya Domingo, horrifié.

— Le poison les as tués », dit Reyson.

L’explorateur leva la tête pour regarder l’Eres dans les yeux. Domingo se sentit tout de suite mal à l’aise devant le regard hostile de l’étranger. Le jeune homme se releva et alla voir le reste du groupe.

« Pas si vite ! Comme vous le voyez, nous sommes dans l’impossibilité de quitter ces lieux… ,commença Reyson.

— Appelez vos renforts, répliqua Din.

— Nous ne pouvons pas prendre le risque de perdre tous nos pégases. Un cavalier va venir ici pour ensuite acheter un vaisseau. Il viendra nous chercher par la suite. C’est ce que le Feïress nous as proposé. Il veut accomplir sa mission avec vous.

— Vraiment ?, demanda Maest avec incrédulité.

— Je n’ai pas le choix », dit le Valuan aux cheveux blonds.

On voyait clairement qu’Alfonso ne voulait pas rester avec le groupe de Reyson. Ce dernier leur demanda d’accompagner le Feïress et de le protéger. Sola allait les surveiller à distance.

« Si vous nuisez à la mission du Feïress, nous reviendrons le chercher. Suis-je bien clair ? », demanda Reyson d’une voix menaçante.

Le groupe acquiesça, au grand soulagement d’Alfonso. Le mage Eres s’apprêta à leur expliquer en quoi consistait cette mission.

Écrit par Din - Lire la suite ==>

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