Skies of Arcadia island

Au delà

Chapitre I : Imprévus

" Quoi ? T'es pas sérieuse ?
-Si, je suis parfaitement sérieuse. Je quitte la troupe. "
Vize regardait, dépité, cette Anita qu'il ne reconnaissait plus… Il croyait pourtant qu'elle l'aimait bien.
" Mais…Mais…Mais qu'est-ce que je ferai, moi ! Je peux pas continuer le spectacle tout seul !
-Je suis sûr que tu te débrouilleras. Après tout, tu as l'air de largement supporter ces représentations insipides, ces chambres d'hôtel crasseuses.
-Mais…Et toi, qu'est-ce que tu feras sans moi ? "
Anita partit d'un rire aigu.
" Mais l'imbécile ! Je peux parfaitement me débrouiller sans toi ! J'ai appris que Gordo cherche des cuisinières. Tu sais que je fais merveilleusement bien la cuisine…
-Tu m'as jamais fait à manger…
-Oh, tais-toi ! Et donc je vais me faire engager par lui, histoire de mener une vie décente ! Pleins de gens importants mangent dans son restaurant. J'y rencontrerai peut-être quelqu'un qui me propulsera sur la voie du show-biz, pendant que toi, tu continueras à jouer ce spectacle minable !
-Mais… Comment tu vas trouver Gordo ?
-Facile. Le prochain endroit où on se produit, c'est Yafutoma, non ? Et bien, j'ai appris que Gordo voulait aller à Yafutoma pour y trouver des poissons rares. Mon spectacle yafutoman sera mon dernier spectacle avec toi, bouffon. "

 

Quelqu'un était finalement arrivé. Il portait un curieux casque, d'un gris très clair avec une pointe effilée à son sommet. Le casque lui cachait totalement le visage. Les habits étaient par contre classiques, comme tous ceux que portaient les habitants pauvres de Valua, vieux et ternes.
Il ouvrit la cellule, s'avança vers Lawrence qui ne réagit pas, tiraillé par la faim, différenciant mal la réalité du rêve. Il l'attrapa par les cheveux, et le traîna hors de la cellule.
L'homme casqué continua à le traîner comme ça dans ce qui sembla à Lawrence être un long couloir rocheux, ne prêtant pas attention aux gémissements fatigués de l'homme qu'il traînait. Ils arrivèrent finalement dans une grande salle elle aussi creusée dans la roche, où Lawrence découvrit avec stupeur une multitude de visages casqués, qui se différenciaient par leur habit, tantôt particulièrement pauvre, tantôt particulièrement riche.
Son garde voulut le mettre à genoux, mais Lawrence n'avait qu'assez de force pour rester allongé par terre. Alors l'homme tira sa tête en arrière, le forçant à regarder en face de lui, à moitié agenouillé.
Lawrence vit un échafaud.

 

Vize avait du mal à y croire. Anita, quitter la troupe ? Mais c'était impossible ! Il allait se retrouver tout seul. Il ne pouvait rien faire, il n'avait même pas assez d'argent pour s'acheter un bateau, pour recommencer sa vie de pirate !
Pour lui, c'était clair : Anita ne pouvait pas quitter la troupe. Il était sûr qu'il y avait un moyen de la faire changer d'avis. Seulement voilà, pour l'instant, il ne le connaissait pas.
C'est pour ça qu'il choisit de suivre Anita, après que celle-ci fut partie en direction du port, pour y trouver Gordo. Il allait trouver un moyen pour qu'elle reste. Il lui fallait juste un peu plus de temps !
Il suivit donc cette Anita inconnue, qui déambulait tout heureuse dans les rues yafutomanes, sûre d'elle, jusqu'au port, où Gordo somnolait paresseusement sur son gros ventre.
Elle s'approcha de Gordo, et lui adressa la parole. Vize vit le ex-pirate de l'air se retourner et regarder Anita d'un œil intéressé. Vize n'entendit pas ce qu'il lui dit, mais il sentit que ça ne plaisait qu'à moitié à Anita… Gordo s'intéressait sans doute plus au physique qu'aux talents cuisiniers d'Anita. Peut-être proposerait-il à Anita un métier de serveuse au lieu de cuisinière, peut-être qu'elle refuserait et rejoindrait finalement Vize ?
Mais Vize aperçut deux ombres qui se déplaçaient vers les deux pirates ; puis il vit Gordo tomber comme s'il était assommé. Il put aussi voir Anita se retourner, surprise, et tomber lourdement sur le sol.
Ensuite les deux ombres, qui se révélait être finalement deux hommes normaux, à l'exception du casque qu'ils portaient sur la tête, se placèrent à côté d'Anita et se concertèrent… Apparemment, Anita n'était pas prévu au programme.
Vize, paniqué, regarda autour de lui à la recherche d'une aide, mais il découvrit avec stupeur que le port était vide. Comment le port yafutoman pouvait-il être vide à cette heure de la journée ? Les deux hommes casqués avaient dû créer une diversion quelconque, il n'y avait pas d'autre moyen.
Vyse, le vrai Vyse, aurait sans doute couru sans réfléchir pour sauver tout le monde, mais Vize avait plus de mal, surtout qu'il n'avait pas son épée, et que son dernier combat avait été une défaite, et qu'il remontait à bien longtemps maintenant.
Apparemment, les deux hommes voulaient capturer Gordo… Il fallait bien être deux pour le porter. Alors qu'allait-il faire d'Anita, qui n'était qu'un empêchement ?

Mais les deux hommes n'avaient pas l'intention de porter Gordo, et Vize le comprit dès qu'il les vit l'attraper pour le traîner sur son bateau puis aller chercher Anita pour l'amener sans plus de ménagement sur le Soif-de-Sang. Un des deux hommes disparût dans la cabine, et le bateau se mit alors en marche. Ils n'allaient pas se contenter de Gordo… Ils allaient aussi prendre son bateau !
Vize fit alors quelque chose qu'il n'avait pas prévu. Profitant que l'homme resté sur le pont tournait le dos, il courut jusqu'au bateau, sauta sur le pont et s'empressa d'aller se cacher sous une bâche.
Ce n'était pas dans sa nature de faire ça… Et, de sous cette bâche, qui protégeait en fait un tas de poissons du soleil, Vize se répéterait longtemps que ce qu'il avait fait été stupide, stupide, stupide. Plutôt que d'aller se jeter bêtement dans la gueule du loup, il aurait dû aller chercher de l'aide, laisser faire les héros ! Lui n'était pas un héros !

 

Quelqu'un découvrit un corps, sur le chantier du port. Décapité, la tête du cadavre introuvable.
Un attroupement se forma autour du corps, formé tout autant par la police de Valua, qui malgré les efforts d'Enrique et de Moegi, restait très désorganisée en ces temps difficiles, que par les badauds quelconques, effarés, qui craignaient de voir là le retour à la terreur de l'empire.
Finalement, Izmael, tout juste rentré, réussit à se frayer un chemin pour arriver au mort et, plus fort que toute la foule, il s'écria : " Merde ! "
Avec sa jambe gauche tordue, cet homme ressemblait terriblement à Lawrence.

 

Darcim et Maha étaient toujours au-dessus du continent Mauve, alors que la cérémonie s'était terminée depuis plusieurs jours déjà.
Ils ne restaient pas dans le froid par plaisir ; ils n'étaient tout simplement pas d'accord sur la direction à choisir.
Drachma avait choisi de leur donner le bateau pour plusieurs raisons : il ne pouvait pas le donner à Vyse, qui n'en avait pas besoin, et préférait le donner à des personnes qui s'en serviraient. L'amitié de Darcim et Maha l'encouragea à les choisir.
Mais être ami n'empêche pas d'avoir des avis différents, et si Darcim voulait aller à l'île des Marins, où il avait toujours vécu, pour y continuer d'y pêcher comme d'habitude, Maha aussi voulait continuer de pêcher, mais comme il avait vécu son enfance sur le continent rouge, il voulait retourner à Maramba
. Tous deux usaient des mêmes arguments, ou presque, si bien qu'ils ne pouvaient pas choisir… Le Little Jack avait encore des provisions pour plusieurs jours, donc le débat pouvait durer longtemps. Mais, tandis qu'ils réitéraient encore leurs arguments, ils entendirent un vaisseau approcher. A son allure sombre et lourde, ils reconnurent un navire valuan.

Le sort des vaisseaux valuans après la guerre est assez significatif de ce qu'a été Valua pendant cette dernière année. La population était divisée sur ce qu'il fallait faire de ces navires. Tous s'accordaient sur un point : ces vaisseaux étaient un des symboles de la période sombre du continent jaune, avec l'empire, les injustices et les Pluies de la Destruction. Mais cela n'avait pas la même importance chez tout le monde. On pouvait distinguer 5 groupes principaux : les pauvres, les pauvres qui avaient profités de la destruction de Valua pour s'enrichir, les riches, les riches ruinés et l'armée, composée de personnes de tout niveau social, différenciés par les grades.
Les pauvres voulaient tout simplement détruire ces engins de destructions. Ils insistaient auprès du nouveau gouvernement, manifestaient, se mettaient en grève. La chute de l'empire s'était faite malgré eux ; ils voulaient influencer, au moins, sur la chute de ces cuirassés. Les pauvres enrichis ne voulaient pas qu'on détruise les engins, mais qu'on les leur confie. Ceux qui avaient su profiter de la destruction de Valua n'étaient pas vraiment des personnes cupides, ils étaient surtout intelligents. S'enrichir sur le dos d'un malheur peut paraître abject, mais pour ces gens qui avaient toujours vécu dans la pauvreté, chercher de quoi survivre quoi qu'il en soit, c'était un mode de vie. Mais, ils s'étaient retrouvés aveuglés par toutes ces fortunes, et n'utilisaient plus maintenant l'intelligence qui leur avait permis de sortir du lot pour survivre, ou pour aider les autres, mais pour rechercher la luxure. Ils étaient devenus le modèle exacte des personnes qu'ils détestaient auparavant. Pour eux, ces navires de guerre étaient une source indéniable de profits ; c'est pour ça qu'ils voulaient les récupérer.
Les riches rejoignaient un peu l'avis des enrichis dans l'idée que les cuirassés étaient une source de profits, mais cette source de profits ne les intéressaient pas vraiment. En ces temps encore troublés, ils espéraient un retour à la monarchie ou à l'empire, où ils n'auraient plus à travailler, pouvant se contenter de leur fortune acquise depuis des siècles pour corrompre quelques personnes et rester ainsi tranquille, sans avoir à se préoccuper de rien. Ils n'intervenaient pas spécialement auprès du gouvernement, car ils espéraient quelque chose qu'ils ne pouvaient pas dire ouvertement. Ils espéraient qu'on se serve à nouveau des navires valuans, comme avant.
Les ruinés avaient beaucoup de mal à s'adapter à ce nouveau mode de vie, sans luxure. Ils avaient même beaucoup de mal à se faire un avis. Ils ne voulaient pas qu'on détruise le dernier symbole de leur richesse d'antan, mais ils ne voulaient pas qu'on le garde non plus, car après tout, ce symbole d'antan ne leur servait à rien maintenant, et ils pouvaient seulement espérer que les volontés d'Enrique se réalisent, que l'écart entre pauvreté et richesse disparaisse, pour retrouver un train de vie convenable. Ils ne voulaient surtout pas qu'on retourne à l'ancien régime, car ils savaient très bien ce que cela signifierait : peu importe qu'ils aient été riches jadis, maintenant ils étaient pauvres et devaient vivre comme tel. L'armée, toute l'armée, du plus gradé au simple soldat, voulait conserver les cuirassés. Ayant connu la guerre mieux que quiconque, cela leur paraissait absurde, quel que soit le symbole de ces navires, de les détruire ou de les abandonner. Ces machines qui avaient coûtés des millions pour être construites, qui avaient assurés plus d'une fois la victoire aux valuans, ils fallait les détruire ? En ces temps troublés, où on ne savait pas ce qui allait arriver ? A leurs yeux, une telle puissance, d'attaque ou de défense, devait être conservé, pour pouvoir réagir en cas d'imprévus.
Bien entendu, chacun ne rentrait pas dans ces moules. Tout riche n'est pas cupide, tout pauvre n'est pas angélique. Mais ces cinq groupes étaient vraiment ceux qui, systématiquement, rentraient en désaccord à chaque fois qu'un choix s'imposait. Si bien que le gouvernement, ne pouvant pas faire un vote qui n'amènerait nulle part, devait jongler entre les différents avis pour ne pas se faire d'ennemis, intercéder ici en faveur d'un groupe, ailleurs en faveur d'un autre. Parfois, ces décisions se limitaient à avancer vers une paisible démocratie lors d'un choix, puis reculer lors d'un autre car les valuans n'étaient pas sûr de vouloir accéder à une démocratie, après tant d'années d'empire.
Il fut néanmoins décidé que les navires valuans ne seraient pas détruits. On supprima sur la plupart d'entre eux leur armement, les limitant à de simples navires sans dangers, mais on conserva quand même quelques exemplaires intacts, car l'armée n'avait pas tort : tout pouvait arriver, autant être prudent. Quelques navires furent vendus aux nouveaux riches, voir aux riches tout simplement. Ces derniers en firent ce qu'ils leur plaisaient. Mais le gouvernement choisit d'utiliser les navires qu'ils avaient conservés pour la pêche, car la nourriture était encore un problème sur le sol du continent jaune, quelques-uns furent utilisés comme navires postaux, pour faciliter les communications dans ce monde qui s'était étendu. Curieusement, certains navires furent même utilisés pour transporter des missions… diplomatiques. Ces navires-là étaient repeints en blanc. Certains le prenaient mal, prenant ça pour un humour déplacé ou pour une tentative insolente de masquer les terreurs passées, alors que cela n'était finalement qu'une volonté d'annoncer que le régime valuan changeait du tout au tout.

Le navire que Darcim et Maha voyaient n'était pas blanc, mais noir.
Ce ne pouvait pas être un navire de pêche, vu que les poissons du continent Mauve n'étaient pas spécialement bons, et qu'ils se retrouvaient en d'autres endroits plus pratiques. Mais surtout, ce n'était pas un navire de pêche car le vaisseau se dirigeait clairement vers le Little Jack.
Darcim et Maha prirent d'abord peur. Ils savaient que le continent jaune ne voulait plus conquérir le monde, mais craindre ces navires était devenu une habitude. Ils pensèrent aussi à une mutinerie, ou carrément à un changement brutal de l'empire valuan, qui aurait ordonné aussitôt d'aller conquérir le continent Mauve en éliminant tout sur son passage. Tout ça était absurde, bien sûr, mais il était difficile de savoir pourquoi ce navire immense s'approchait d'eux.
Le navire s'était arrêté, et semblait attendre. Maha, qui avait une meilleure vue que Darcim, vit sur le pont un soldat qui leur demandait de venir vers le navire, apparemment pour accoster. Ce qu'ils firent, après avoir vaincu leurs peurs.

Le soldat, qui devait sans doute être plus qu'un simple soldat, mais ni Maha ni Darcim ne connaissaient les grades de l'armée valuanne, leur dit, sans détour :
" Est-ce que Vyse est là ? "
" Euh… Non, il est parti depuis quelques jours. " répondit Darcim, intrigué, tandis que Maha restait à l'écart. En tant que Nasrean, Maha ne pouvait supporter les Valuans. Au vu des regards que lui jetait d'autres soldats du bateau, il était clair que c'était réciproque.
" Ah… " Le soldat semblait visiblement embêté. " Où sont-ils ? "
" Je ne sais pas… Ils sont partis vers le Nord-Ouest. "
" Qu'est-ce qu'il y a au Nord-Ouest ? " Ce n'était pas à Darcim qu'il posait la question, mais à un petit bonhomme au ventre rebondi, avec une clé à molette dans le dos.
" Ixa'taka. Ils sont peut-être allés voir Erysol, un ermite qui vit là-bas, avec qui on avait un peu lié connaissance et qui sait beaucoup de choses. " répondit Pinta.
" Est-il facile à trouver, cet ermite ? "
" Pas vraiment. Il vit au-dessus des nuages. "
" …Le prince m'a demandé de ne pas m'en faire si je ne trouvais pas Vyse, et de repartir directement à Valua après, mais je ne suis pas sûr que… C'est Sinian qui est chargé de s'occuper du continent Ixa'takan. Je le connais, il est très intelligent, mais il n'a aucun sens pratique… Il est incapable de faire marcher un simple petit rafiot. "
" Mais Vyse saura se débrouiller, et nous ne sommes même pas encore sûr qu'il y ait vraiment une menace. "
" Quand même… Je ne pense pas que ce soit des coïncidences. "
" Si votre Sinian ne trouve pas Vyse, tant pis, il faudra juste aller le chercher ap… "
" Excusez-moi… " Darcim, qui écoutait attentivement la conversation sans rien comprendre, fut surpris d'entendre Maha intervenir. " Vous voulez trouver Vyse, n'est-ce pas ? On peut peut-être essayer de le trouver, nous. Il suffit de nous dire où il est, et quoi lui dire. "
" Mais…Maha, on… "
" De toutes façons, on n'a rien à faire pour le moment. " La désinvolture et l'assurance de Maha avait toujours surpris Darcim ; elle les avait surtout souvent mis dans des situations impossibles.
Le soldat toisa les deux personnes.
D'un côté, l'homme qui venait de parler avec tant d'assurance. C'était étrange d'entendre une voix aussi calme dans la bouche d'un corps aussi chétif. De longs cheveux gras, disséminés hasardeusement sur son visage, cachaient sa peau mat de Nasrean. Mais en le regardant, ce qu'on retenait avant tout, c'était sa petite taille, qui le faisait passer pour plus jeune qu'il était. Il avait 24 ans ; il en faisait 15.
De l'autre côté, il y avait Darcim. Darcim aurait pu être le jumeau parfait de Maha. Ils mesuraient tous les deux la même taille. On les différenciait surtout par leurs cheveux, Maha ayant des cheveux bruns mal coiffés, tandis que Darcim avaient des cheveux d'un blond très clair, et impeccablement coiffés.
On aurait aussi pu les différencier par leur couleur de peau, si les cheveux de Maha ne lui dissimulaient pas autant le visage, et s'il ne portait une grande tunique chaude qui lui couvrait tout le corps (et le dissimulait par conséquent), pour éviter le froid qui régnait sur le Continent Mauve.
Pour le soldat, la proposition de Maha était un peu idiote ; des personnes aussi chétives ne pouvaient pas faire grand-chose, d'après lui.
" Ce n'est pas quelque chose de facile. Vyse ne cesse de se déplacer, et rapidement. Et il y a des risques. "
" On n'a rien d'autre à faire, de toutes façons, je vous dis. Et on sait se débrouiller, pas vrai Darcim ? "
" Euh… Oui, un peu. "
" On a un jour battu un grand Looper Noir, quand on a traversé le Récif Noir.°"
Ils n'avaient jamais tué Elcyan, ni même traversé le Récif Noir, mais Maha mentait quand même avec aplomb.
" Vraiment ? " Le soldat jaugea les deux hommes puis haussa les épaules. " Vous pouvez vous amuser à essayer de retrouver Vyse si vous le voulez, mais si jamais vous avez des problèmes, ce sera tant pis pour vous. Si vous le trouvez, dîtes-lui de se rendre à Valua au plus vite. Si vous ne le trouvez pas, ce qui est plus probable, laissez tomber. On ne compte sur vous pour le retrouver, il y a déjà un Amiral Valuan sur l'affaire ; il n'a peut-être pas de sens pratique, mais il y a plus de chance qu'il réussisse. Mais, un conseil, laissez tomber. " Il se retourna vers les autres soldats du bateau. " Allez ! Nous repartons à Valua ! "
" Très bien Amiral ! " Le soldat était en fait un amiral. Il n'en avait pas l'air.
" Attendez. Si ces deux-là partent chercher Vyse, autant que j'aille avec eux. " C'était Pinta qui venait de parler. "
J'ai ordre de vous ramener à Valua, alors vous restez ici. "
"°Désolé, mais vous avez l'ordre de nous prévenir et de nous demander d'aller à Valua, pas de nous y forcer. J'ai quelque chose à demander à Vyse, je vous rejoindrai plus tard. Si on ne trouve pas Vyse, et bien tant pis. Allez, à bientôt, Amiral Nortan. " Et Pinta sauta sur le Little Jack. L'amiral haussa une autre fois les épaules, et fit signe à ses soldats de continuer les préparatifs pour repartir.

 

La nuit était tombée. Le Soif-de-Sang voyageait toujours, avec à bord les deux hommes casqués qui continuaient inlassablement à surveiller les prisonniers, et Vize qui attendait le moment propice pour… Et bien, il n'en savait rien, mais maintenant qu'il était là, il fallait bien faire quelque chose.
Il devait au moins réussir à maîtriser un des hommes pour pouvoir accéder à Anita et à Gordo. S'il arrivait à libérer ces deux derniers, s'occuper du dernier homme casqué ne devrait pas poser de problèmes… Mais comment s'occuper du premier ? Il n'avait pas d'arme, et il était loin d'être bon au corps à corps.
Il s'aperçut alors que les poissons qu'il côtoyait depuis qu'il était rentré dans le bateau avait une autre propriété que celle de sentir fort ; ils étaient passablement durs… Ils pourraient, peut-être, servir.
Dans sa jeunesse, Vize avait excellé dans le lancer d'anneau. Il devait bien lui en rester quelque chose. Un poisson, ce n'était pas exactement pareil, mais…
Il attrapa le poisson le plus lourd qu'il pût trouver, commença à guetter l'instant où un des deux hommes casqués retournerait dans la cabine, comme cela arrivait souvent. Dès que ce fut fait, il sortit de sous la bâche, visa, tira et atteint l'homme casqué à la tête…. Ou plutôt, au casque, qui annula totalement le choc.
L'homme se retourna, et vit Vize, mais trop tard. Celui-ci, sous l'impulsion du moment, c'était déjà élancé vers l'homme, tête en avant. Il se jeta dans son ventre et l'envoya bouler contre le mur.
Tout de suite, il passa la porte, où il retrouva Anita et Gordo, ligotés. Gordo, croyant voir Vyse, s'estima sauvé. Anita, sachant que ce n'était que Vize, eut plus de mal à y croire. Il s'avéra qu'Anita eut raison. Avant même qu'il puisse atteindre les liens d'un des deux prisonniers, le second homme casqué était arrivé, et lui pointait un pistolet sur la tempe.

 

Note : Que de réjouissances ! ^__^
Bah voilà, Lawrence est mort. Il avait qu'à être plus prudent :p Rien d'autre à ajouter, sauf que sa mort risque de servir (comme celle de Drachma), en plus d'être l'élément déclencheur. Pas grand chose d'autre à dire, sauf peut-être que Pinta powaaa ! et donc il ne pouvait qu'être dans la fic ;)
A tchao :-)

Écrit par Shadow1109- Lire la suite ==>

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